Bélézia I

Destins Opposés

« PROLOGUE

Il y eut tant d’évènements au cours de nos époques qui s’abattirent sur nous ! Tous nous changèrent énormément, nous, peuple spirelien, et tout peuple de Bélézia qui exista ou existe encore. Il y eut maintes batailles et nombre de combattants ou d’opposants tombèrent sous l’impitoyable joug guerrier.

Après tout, qu’en dire, je ne suis qu’un simple narrateur. Pourtant je connais l’histoire complète dans ses moindres détails et mon rôle est de vous la transmettre.

Cette planète est aujourd’hui rythmée par le chant des oiseaux, le cri joyeux des enfants, le rire des hommes et des femmes ainsi que le silence des armes dans la paix absolue. Le quotidien tourne autour des treize formes élémentaires capitales appelées « Magies » dont nous disposons et, peut-être, d’autant d’histoires à vous raconter. Si, à une époque, le Feu a servi à brûler les villes, aujourd’hui il est uniquement notre source de chaleur l’hiver. Si, à une époque, l’Eau fut utile pour noyer les armées, elle est à présent tant notre source de vie qu’une énergie puissante pour porter de lourdes charges. Si le Métal fut autrefois utilisé pour forger des lames meurtrières de renom, il sert maintenant à consolider les monuments des places publiques.

Dans le passé, plusieurs périodes prospères se sont suivies, appelées « ères ». Les ères précédentes : l’ère Technique et l’ère Artistique, ont été des périodes marquées par une relative paix et qui ont permis d’inventer les objets du monde d’aujourd’hui. Le foisonnement des créations manuelles ou magiques a malheureusement été mis en désordre par une bêtise universelle intitulée « guerre ». La guerre a longtemps été le moteur des décisions béléziennes, elle a créé autant de technologies : radios et systèmes de surveillance en tête, qu’elle en a détruite. La guerre a mis fin à la liberté et aux idéaux de beaucoup de civils : restrictions de l’usage de la Magie, arrêt de tout programme aérien et spatial, coup de frein aux moyens de transport. Finalement, seule l’interdiction des armes à feu avait vraiment quelque chose de pacifiste. Les hauts-fonctionnaires spireliens voulurent éviter tout moyen d’attaque à distance pour avoir le contrôle et pour le bien de tous, en soi cela était honorable mais aussi profondément égoïste. Cela créait deux réalités technologiques : une pour les civils, une autre pour les soldats et grands de ce monde. Cela les mettait dos à dos et les cachaient l’un à l’autre.

Cela n’est plus le cas mais aurait encore pu l’être si des héros n’avaient pas décidé de se battre avec un courage exceptionnel : contre les guerres, pour aider les citoyens dans des périples tournant en traques acharnées de ceux qui voulaient tout détruire ou, intimement, dans leur for intérieur.

La durée totale de l’épopée historique que je m’apprête à vous relater est immense, elle mêle plusieurs époques et vous la raconter me fournit une joie intense ! Étant donné que j’ai eu au fil des phrases que j’écrivis l’impression d’en avoir fait partie, je vous la raconterai comme si c’était mon histoire.

Rectification : l’écrire me fait « rentrer dans l’histoire », bien que certains spireliens ignorants qualifient ma conception idéologique d’utopie. Ignares… Les nouvelles générations hors des guerres n’ont pas que des avantages, et le déni n’en est pas un… Ils n’en savent rien, je pense ce que je veux et, si je veux faire partie de cette histoire, j’en ferai logiquement partie. C’est pour rendre mémoire à leurs ancêtres que je le fais.

À présent, guidé par ma plume, il est temps de s’immiscer au cœur de l’histoire… Grand bien vous fasse. »


Narrateur de Bélézia.

© 2019-2020 par Bélézia. Créé avec Wix.com