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Bélézia II

Renaissance Maudite

Chapitre 3

Un horizon lointain

Un sentiment oppressant se fit éprouver sur le pont, à peine avions nous quitté le port de vue que cette sensation nous rappela que nous serions en permanence en danger, et en effet ce fut dès que nous dépassâmes la capitale pour partir sur Flaucens qu'une horde de spirales rouges et noires encerclèrent le pont, je ne pus que crier pressement aux gens présents :      
-Courez, rentrez, mettez-vous à l'abri, enfermez-vous dans les habitacles !          
Les passagers commençaient à descendre à l'intérieur du paquebot quand les monstres s'échappèrent des spirales pour venir nous assassiner. Comme ils étaient disposés en cercle autour de nous, le combat allait grandement jouer en notre défaveur, ce qui ne tarda pas à arriver, d'ailleurs. Goldar était bel et bien revenu, et en immense forme de plus, assez pour réussir à manipuler encore plus d'Autezards afin d'accomplir sa vengeance. L'un d'eux, mécontent d’être une fois mort, nous fonça dessus, Adam le bloqua et Valka lui coinça la tête dans la rampe de l'escalier. Un voyageur passa à ce moment se mettre à l'abri, il faillit se prendre le coup que Valka assena à l'Autezard pour le mettre hors d'état de nuire :           
-Désolé, monsieur... s’excusa-t-il.           
Pendant ce temps, je m'avançai avec Claire pour contenir d'autres monstres, Clen et Mélora gardaient les côtés, les autres s'occupant de l'entrée, or ils étaient très nombreux par rapport à nous et nos assauts n'étaient guère efficaces, seuls quelques-uns tombèrent. Les Autezards se rapprochèrent et l'un d'eux se rua sur moi, je l'agrippai et réussis à le transpercer, cependant par réflexe il m'envoya au sol, Claire lui octroya alors le coup de grâce. Il en restait quatorze tout autour et peu de temps après Clen et Mélora furent mis inconscients face aux assauts des gantelets effrénés, Claire récupéra la petite en vitesse et je pris un heurt au bras pour les protéger pendant qu'Adam luttait avec Val contre les ennemis à bâbord pour couvrir Clen :
-Replions vite ! Nous n'avons pas le choix. criais-je.  
Alors que l'on reculait vers la porte, un couteau étrange, un dirk pour être précis, passa... Cette arme sortit de nulle part et se planta dans un ennemi de tribord avant d'être ramenée vers son possesseur par une sorte de magie invisible. Il n'y avait pas que nous comme combattants sur ce paquebot, cela tombait bien : nous étions en grand danger !
L'homme, une fois qu’on le vit, possédait une barbe noire dense et des cheveux bouclés de même couleur, il leva son bâton, prononça en spirelien "Shaendra" et foudroya un autre Autezard qui vacilla par-dessus bord. L'homme nous interpella :    
-J'arrive à point, on dirait...          
-De l'aide, merci ! lui répondis-je.          
Cela fit redoubler de force tout le clan, Adam sauta en l'air et embrocha l'assaillant en face de lui, celui-ci encore en vie appuya sur un bouton fixé à son armure, Valka comprit de suite :           
-Adam, enfuis-toi, c'est un kamikaze !   
Adam lâcha son arme et partit se replier, une grande énergie emplit l'ennemi, il allait faire exploser le navire ! Claire saisit mon arme, je n'eus le temps de l'en empêcher, Valka repoussa un autre antagoniste avec sa faux de guerre et Claire décrocha la sphère de la claymore plutôt que de prendre celle de feu. Quand je compris pourquoi elle avait armé une coque de Métal épaisse tout autour du soldat-bombe (parce qu'elle voulait contenir l'explosion), j'accourus vers elle.     
Elle était trop proche et l'explosion survint avant que je ne puisse la reculer, un énorme bruit sourd se fit entendre et tout trembla, Claire eut un spasme de douleur mais continua encore de contenir la force de l'explosion dans la barrière, un peu trop même, le sort se retourna contre elle et elle s'écroula au sol, inconsciente. Valka assassina un Autezard avant qu'il ne se relève, malheureusement, un autre fut plus rapide et l'atteignit dans le dos. Empli de rage, je fusai sur cette enflure et le mit hors d'état de nuire d'un coup avec l'épée de Clen. 
-Raaah... Val, réveille-toi... Claire, ouvre les yeux !    
Je portai la main sur le cou de mon ami, il respirait encore alors je partis en vitesse voir Claire. L'homme me donna une instruction brève.
-Occupe-toi d'eux, nous allons les finir !           
-Nous ?         
En effet, après avoir entendu le cri de mort d'un autre méchant, quatre personnes déboulèrent depuis l'arrière du Trans-Maritime et encerclèrent les huit monstres encore vivants, le mage barbu donna un ordre à l'une de ses équipières, d'apparence mage de lumière :     
-Ambre, occupe-toi des blessés, les autres, à l'attaque !!!
Les trois autres s'élancèrent, je partis les soutenir. L'un d'eux, guerrier, bloqua une charge et son équipière assena un coup de poignard au belligérant, tandis que le troisième renfort maniant une grande vouge, trancha la jugulaire d'un opposant avant de nous rejoindre, le combat devint plus facile...   
Je bloquai une attaque horizontale, le vougier frappa mais le soldat le contra. Je cognai à la verticale, il esquiva, ceci laissa le temps à un autre ennemi d'arriver derrière lui et de faire tomber le vougier par terre... l'allié ne se laissa pas faire et tua quand-même l'Autezard. 
Son compère voulut le venger mais je réussis à le repousser, il m'entailla la jambe, je fus étourdi trois secondes, il enchaîna, je me défendis avec l'épée, il m'avait vraiment enragé, je saisis son arme en lui faisant une clef de bras, il la lâcha, se débattit et réussit à se libérer.         
Je portai un grand coup vertical dans son épaule droite, fit un tour sur moi-même pour amplifier un second impact dans son épaule gauche, il tomba sur les genoux, je refis un dernier tour, cette fois-ci je sautai durant le tournoiement et acquiert assez de puissance pour que le troisième coup pourfende son casque, l'antagoniste s'écrasa par terre, tordu en deux :        
-(J'ai fait une belle attaque là, tu l'as pas vu venir ! Je vais donner un nom à cette botte, hum... ce sera...) Vertilame ! (C'est bien qualificatif je trouve.)      
Et Adam pendant ce temps gardait l'entrée de l'intérieur du bateau avec l'arme de Valka, comme il n'avait plus la sienne. Le mage quant à lui luttait vaillamment avec quatre belligérants, l'un d'eux goûta à son dirk avant que les autres ne soient paralysés dans un cercle de sorcellerie magnétique plaquant leurs bottes d'acier au sol, ce cercle s'enflamma et une torche de brasier les réduisit en cendres.       
Les trois derniers s'attaquèrent au guerrier et quand la fille maniant le poignard voulut le lancer, l'Autezard parvint à attraper le guerrier et s'en servit comme bouclier spirelien, l'allié reçut le poignard et s’effondra. J'arrivais avec le vougier et on protégea notre camarade de guerre, chacun des deux mîmes à terre un assaillant, le dernier Autezard fut tué quand Adam prit la relève et le vira par-dessus bord (les Autezards nagent très mal...). C'était une astuce qu'Adam avait comprise.          
Ouf, ça en était fini de l'agression ! Nous étions en sécurité pour le moment. Nous nous réunîmes avec les compères qui m'avaient aidé. Le mage, qui semblait tenir le rôle de chef du groupe, m'interrogea :           
-Comment t'appelles-tu ? 
-Baalest. Mon ami derrière se nomme Adam, et toi ? 
-Je me prénomme Quentin. Je te présente les autres : celui qui est soigné, avec la lance, c'est Ieldor, l'autre avec l'épée c'est Dylan, Marion est la fille armée d'un poignard et notre Mage de Lumière s'appelle Ambre. Nous faisons partie de la Faction Blanche, c'est le nom de notre clan. Tes amis comme l'un des miens vont mal, il va falloir qu'ils soient guéris, venons tous, on va les transporter contre le muret là-bas... Ambre s'en occupera.     
On porta nos alliés avec délicatesse, soudain une forme étrange et indéfinissable apparut au bout du pont, tout s'embruma dans ma vision : d'abord les personnes présentes autour de moi, puis les cadavres Autezards... il ne restait que le spectre immaculé :    
-Bonjour...
-Hein ?
-Tu ne te souviens pas de moi ?  
-...
-Viens... viens Baalest...    
-Qu'est- ce que ???  
-N’aies pas peur grand guerrier, viens...           
Il me semblait reconnaître parmi ces ondes de l'au-delà un timbre de voix familier :    
-Esther ???
Je ne fis plus gaffe et je marchai lentement vers l'entité, incertain et désorienté. Baissant ma garde comme empris par elle, plus j'avançais plus le halo de lumière m'éblouit. Quentin et les autres comprirent que quelque chose n'allait pas, ils voyaient le spectre mais ne pouvait l'entendre, tout se passait dans ma tête... ils s'élancèrent afin de me stopper.         
Je n'étais plus qu'à quelques mètres, obnubilé par l'esprit de "blancheur", cependant, la lumière commença de se concentrer telle celle d'une étoile au bord de l’implosion... sauf que je ne pouvais plus réagir ! Quentin chargea un bouclier d'ombre pour me couvrir et quand l'explosion survint, le bouclier me protégea à temps, mais pas les autres qui accouraient pour me sortir de là, une vague luisante les éjecta plusieurs mètres en arrière, inconscients, je revins à moi :    
-Esther !?!     
Le spectre disparut, un ricanement affreux et grinçant venant de nulle part résonna autour du paquebot. Un hologramme gargantuesque de Goldar prit la place du spectre et s'exprima :          
-Mouuuahhh ! stupide Bélézien, es-tu aussi bête au point de te laisser berner par un vulgaire tour de passe-passe ? Toi, celui qui a osé me défier ?! 
-Goldar !       
-Je te manipule et tu tombes ridiculement dans le piège... elle est MORTE la pucelle effarouchée, elle ne reviendra pas !        
-(Je te hais...)  
-Mais notre histoire reprend ici, elle recommence sans elle. Parfois je me demande entre tes cauchemars et tes visions comment tu as pu réussir à me vaincre.            Tu ne sais rien de moi et pourtant...      
-Peu importe Bouffon, je réitérerai ton échec tant que tu seras sur cette planète, je te maudis toi et tes horribles soldats corrompus !      
-Insolent, ne m'appelle pas BOUFFON !!! Très bien, tu veux jouer à cela ? soit, recommençons à l'identique, te souviens-tu de la première abomination que j'avais créée et contre laquelle tu avais combattu avec l'autre guignol et sa lance. Comment s'appelle-t-il déjà... Adam, c'est ça. Voici son retour... Cadeau de bienvenue.      
-Attends que je te retrouve, toi, tu ne détruiras pas cette région une seconde fois !        
Goldar disparut et Quentin me rejoignit, projetant cette phrase :
-Je crois que nous allons encore nous battre, je suis encore chaud, ça me convient...     
-(Espérons que cela suffise, moi j'en ai marre de ce monstre et de ses créatures... je veux comprendre ce qui a tout déclenché.)
-Il nous faut les protéger aussi, ah euh... Ambre, je te confie leur protection. Précipita l’allié. 
Je récupérai ma claymore et y replaçai la sphère de Métal. Un nuage de ténèbres se condensa au sol, un cristal pourpre en sortit, nous braquâmes les armes vers lui. Ensuite apparut un corps de quartz duquel poussèrent cinq tentacules, c'était bien le Condamné, sauf qu'il était d'une couleur différente et paraissait plus costaud.          
Ce fut d'ailleurs lui qui porta la première attaque à Quentin qui esquiva et lança ses dirks, en fait deux faisceaux de Flux faisaient office de cordes magiques afin de pouvoir ramener les armes une fois lancées. Néanmoins, bien que très technique comme système, les armes ne firent qu'entailler superficiellement le boss. Il se retira ensuite de quelques pas pour armer un sort de Néant.   
Il fallait donc que je le couvre et de la même manière qu'à Spirès je contins ses attaques, sauf que cette fois-ci il emmêla deux de ses tentacules, me permettant d'en endommager considérablement une.  
Quentin déchargea sa puissance noire avant que le Condamné eût le temps de frapper, le sort n’eut aucun effet si ce ne fut de le distraire car venant de Goldar, il renfermait forcément le Néant en lui...           
Mes coups ne lui faisaient pas grand-chose non plus et même quand je tentais de viser en son centre, seul point faible, ses robustes tentacules me repoussaient sèchement. Le Condamné chargea une magie de Feu contre moi alors Quentin eut l'idée d'utiliser la propre magie du monstre contre lui-même en formant une sphère de Vent autour de l'ennemi. Quand je me reculai, l'abomination lâcha sa Magie, Magie que mon allié détourna grâce aux vents vers le "cœur" de l'ennemi, il poussa un rugissement sombre et je me ruai à travers les bras de l'antagoniste afin de percer le point faible ! Cependant une explosion m'éjecta hors de la zone, je m'écrasai contre la paroi externe du cockpit, quasi-inerte.       
Je saignais de l'épaule gauche avec laquelle je m'étais couvert du souffle, j'étais brûlé et je crispais pour tenter de me relever, je voyais Quentin qui esquivait les assauts des tentacules tant bien que mal pour venir me régénérer : il se déporta du rayon de l'ennemi mais on sentait bien que lui aussi faiblissait à force d'incanter des sorts. Il quitta le rayon d'attaque du boss et vint pour me relever, avec les Magies de Plante il parvint à me rendre suffisamment d'énergie pour que je me relève :    
-Merci.
-Il faut qu'on lui règle son compte maintenant.           
Le Condamné chargeait un nouvel embrasement lorsque je me mis à courir vers lui, je me baissai avec toutes les forces de la rage, Quentin derrière-moi se percuta au sort et n'eut le temps de se protéger, il tomba raide.
Je le fixai quelques dixièmes de secondes, j'étais tout seul...
Reprenant ma course effrénée, je parvins fastidieusement à esquiver les attaques suivantes, en retouchant le sol je vis malgré le jour et le soleil une étoile scintiller fortement, comme une supernova...           
J'abordai le monstre et infligeai deux coups horizontaux, suivis de deux tranches obliques conclues quand je sautai pour éviter un tentacule en attaquant à la verticale.          
Il trembla et me repoussa d'une onde de choc, je manquai de tomber mais je statuai quand-même debout.         
Je repris mes esprits et repartis sur le monstre, il attaqua encore et je dus tourner sur moi-même pour avorter mon écrasement, je saisis alors l'occasion de l'attaquer tout en tourbillonnant, il se crispa, rugit fortement, je tournais et frappais encore, de plus en plus vite en me servant de mon arme pour m'équilibrer et augmenter ma force, enfin je finis par ralentir et m'arrêter.          
Il était mourant et ma volonté était de lui porter le coup de grâce, je sautai pour armer l'ultime coup lorsqu’une énergie venant du ciel vint envelopper mon épée en formant un halo jaune-orangé autour de la claymore, quand je frappai l'ennemi cette immense énergie se délivra, traversant le Condamné de part en part sans que je ne puisse comprenne le phénomène... L'œuvre de Goldar se condensa et explosa sous une forme de fumée noire :          
-(Qu'est-ce que, qu'est-ce qu'il s'est passé ??? Est-ce moi qui ai fait cela ?)           
Ouf, je m'en étais sorti. Les planches du pont, elles, beaucoup moins, en fait le pont était un carnage de trous et de sang. À bout de souffle je lâchais l'épée encore brûlante à cause du rayon d'énergie et revins vers tous mes alliés.          
J'accostais la jeune Mage de Lumière qui avait guéri les blessures de Valka et de Claire plus celles de ses camarades. Elle était agenouillée, les mains posées sur Mélora, elle me rappelait Esther et Délia. Elle était brune en revanche...  
Elle était très concentrée et ne me répondait pas de ce fait. J'allai voir Quentin, il était à terre, je le sortis de l'inconscience en le sollicitant :          
-Ça va, tu tiens le coup ?   
-Ça... ça peut aller... et toi ?          
-Je l'ai fini. Dis, ton amie semble extrêmement concentrée, elle ne répond pas, je voulais lui demander si ça allait et si elle n'allait pas trop user de sa magie... 
-Ambre est ma petite-sœur, Baalest. Cela me déçoit mais elle va sûrement s'évanouir après avoir soigné tout le monde, ce sont les défaillances du corps spirelien qui se fatigue à chaque Magie... Dis-moi, qui était ce spectre de femme ? Tu avais l'air de le connaître.     
-C'était une chère amie, Esther. L'année dernière, c’est avec elle que nous avions combattu Goldar, l'hologramme qui a parlé après...           
-Je sais qui est Goldar, j'en ai entendu parler après sa mort. Selon les rumeurs, il tente de racheter une faute qui lui est personnelle, et cela ne présage de rien de bon. Et Esther ?
-Nous avions beaucoup combattu et souffert mais son subalterne avait réussi à la posséder, j'ai été contraint de la combattre. Hélas ! elle s'est embrochée sur mon épée. Elle est morte une minute après dans mes bras et je n’ai rien pu faire, rien...     
-Cela te rend triste quand tu en parles, je le vois... nous devrions aller voir tous les autres pour savoir comment ils se sentent.     
Ambre était épuisée mais continuait à soigner les blessures de nos amis, je voulus la stopper mais Quentin me l'empêcha. Nous nous assîmes, il me rappela que :    
-Elle sait ce qu'elle fait, il n'y a pas de risque autre qu'une inconscience passagère et un gros sommeil la rétablira complètement.
-Je pensais qu'on pouvait en mourir... Et puis elle est en train de se sacr... inutile (il doit le savoir...).  
-Le corps atteint ses limites bien avant que l'on en meure, en revanche, l'utilisation des sorts les plus puissants, ceux de gammes Alpha peuvent tuer un Mage inexpérimenté, il faut savoir maîtriser ses sorts avant d'en lancer. Il existe une autre façon d'en mourir, le sacrifice... pensait-il comme un catalogue.           
-(Ce triste mot que j’allais prononcer.) Ah ? 
-Il y a trois moyens de se tuer par la Magie : dans le premier, lorsqu’un Mage est sur le point d'être tué, donc au plus profond de son désespoir, il peut utiliser des sorts de type aléatoire et extrêmement puissants, les "Alphadevotios", qui pourraient, d'après des légendes, tuer un Dieu même. Par exemple, la « Grande Déchirure » est le sort ultime le plus célèbre. Dans le deuxième qui est un cas similaire, un Mage peut léguer une partie de ses pouvoirs à un autre Mage, il s'agit ici de "Transmission", afin d'augmenter la puissance de l'hôte à qui les pouvoirs sont légués. Le troisième cas serait ici d'utiliser un sort en continu, tel que la Magie de Lumière par exemple, durant des jours et des jours. Des scientifiques Autezards utilisaient une torture contre les Santagnas et les Spireliens, par exemple, qui les forçaient à user de leurs pouvoirs soit par l'intermédiaire d'une chambre dont les parois se rétrécissaient, évidemment le Mage retenant ces murs finissait réduit en bouillie une fois au bout de ses forces, quoiqu'il pouvait succomber juste avant, soit par un produit étrange qui le forçait à utiliser la Magie continuellement jusqu'à la mort subite.
Il y a évidemment d'autres méthodes pour utiliser la Magie, comme le retour de sort que j'ai utilisé sur le Condamné. En tout cas, sans objet d'incantation il est impossible d'utiliser la Magie.          
-Vraiment ?  
-Enfin pas tout à fait. D'après la plus vieille légende des Mages, qui s'oppose à l'idée de la Triskaidecareligio certifiant que seuls les « Dieux » en seraient pourvus, ceux qui portent en eux un Cristal, de la même matière que ceux que l'on trouve, broyés, dans les bâtons, les sphères et tout... seraient capables d'utiliser toutes les magies sans armes. Néanmoins, seulement certains êtres, les monstres et QUELQUES légendaires Béléziens, arrivent à l'employer sans armes. D’ailleurs, pourquoi les monstres... ? marmonna-t-il sa dernière phrase, pensif.
-On ne peut pas en greffer un ?   
-Hélas c'est impossible, sinon tout le monde serait Mage.
-D'accord... tu as sans doute raison. Tiens ça tremble...
Le bateau fit un accoue et redémarra, le capitaine avait réfugié tous les passagers et avait pris le courage de retourner à la barre... Alors que tout était déjà fini. Je rentrai et montai dans le cockpit pour lui expliquer que le danger était parti et la sécurité revenue. Il lança un appel pour l'expliquer aux passagers, ensuite il ne sut comment nous remercier, je lui répondis que nous avions juste besoin d'une infirmerie, et entre autres, j'avais un petit creux...      
Il m'offrit des barres aux céréales, 1000 Gildors de la compagnie et convia les médecins sur le pont. Quand j'y retournai, Ambre finissait de guérir Clen, c'était le dernier, je m'approchai d'elle quand le sort se désactiva, elle haletait fortement, respirait vite et soudain elle s'effondra, je la récupérai en douceur et la posai délicatement sur le sol.  
Les infirmiers accoururent rapidement tandis que Claire revenait à elle. Je la pris dans mes bras pour l'accompagner jusqu'à l'infirmerie, sur le couloir y menant elle me chuchota de sa douce voix :        
-Chéri, tu vas bien ?           
-Ne t'inquiète pas pour moi, c'est toi qui ne vas pas bien...
-Désolé... je v...        
-Ne t'excuse pas Claire.     
-Je voulais vous couvrir, c'est tout. Je pense que tu peux me poser, je vais marcher.     
-Non, tu n'es pas en état, JE t'emmène et tu vas aller te reposer, comme nous tous.       
Elle se rendormit. J'arrivai à l'infirmerie, je la déposai alors sur le brancard de droite, l'embrassai puis retournai sur le pont. Au passage je croisais les infirmiers et les matelots qui amenaient les équipiers dans la salle de soins. Finalement j'y revins peu après avec Quentin et une fois tous allongés, je m'endormis de fatigue...   
Quand je repris connaissance quatre heures après, Quentin regardait par le hublot la mer bleue d'où on voyait que le soleil commençait à descendre, je lui fis signe de mon réveil puis me renseignai auprès d'une médecin :
-Comment vont-ils, madame ?    
-Personne n'est gravement blessé. Ils avaient déjà reçu des soins de Lumière. Vous devriez plutôt prendre l'air, vous êtes pâle. Je vous préviendrai quand ils se seront réveillés.
Du coup je quittai la salle et ressortis sur le pont supérieur. Cette fois-ci, le pont inférieur était interdit car dangereux d'accès, plutôt impraticable même. J'avais un bandage sur le bras me rappelant que j'avais été blessé au cours du combat. Un enfant que je regardais vaguement quelques secondes et qui jouait à agglomérer des briquettes de bois pour faire une maisonnette me demanda en fixant le bandage, l'épée et l'armure : 
-Monsieur le soldat, ça va ?         
-Oui petit, ne t'en soucie pas, c'est...hum, c'est un       déguisement, tu as vu ?   
-Oh, j'en veux un comme ça aussi !        
Il s'adressa à sa maman :   
-Maman je veux le même déguisement que le monsieur là-bas !    
-Eh ! du calme Baalest, quand tu seras plus grand nous verrons !
-(Baalest ?!! D'autres personnes ont le même prénom que moi ?)    
La maman du petit m'observa en vitesse, ma seule réaction fut de hausser les bras comme un ahuri désorienté, puis je me tournai vers l'océan et un souvenir revint me frapper l'esprit : "...je reconnus et même je touchai la colombe pour voir si elle n'était pas utopique, mais non, elle était purement réelle. Je n'en revenais pas sur le coup, et en regardant de plus près, je reconnus aussi le visage, c'était elle, dessous, il y avait gravé et inscrit, tout en lettres d'or : "Aesper Solaire 2188-2212"."     
Ma supposée parente ! Je ne savais toujours pas si c'était ma mère ou non. Je me perdis quelques secondes et je ne revins au réel que lorsque Quentin me tapota l'épaule, il me montra une table où l'on partit s'asseoir, au passage, le micro nous rappela que nous arriverions dans 16h, soit le soir. Je voulais en savoir un peu plus sur la Magie et sur la "Faction blanche" :     
-Dis-moi Quentin, je souhaitais te demander, ça vient d'où "Faction blanche" ?  
-C'est le nom que l'on avait donné avec ma sœur car nous préférons la magie de Lumière. Tu ne dois pas voir beaucoup d'autres groupes de combattants... Ça se multiplie en ce moment. L’argent...  
-En fait, on m'a beaucoup parlé de groupes de mercenaires qui se battaient contre Goldar l'année dernière, mais c'est la première fois que j'aperçois un clan entier.  
-Entier ?        
-Oui, j'avais rencontré deux personnes qui avaient perdu la majorité de leurs amis face à lui. Malheureusement, ce monstre est revenu et il a l'air en colère... S’il a abattu d’autres clans sa haine envers moi est d’autant plus difficile à cerner. Peut-être haït-il tout le monde ? 
-Ça oui ! Il a un nom votre clan ?
-Euh... non.  
-Donne-lui en un... 
-Les Combattants ? 
-Non, c'est cliché, ça... pour quoi tu te bats ?    
-La liberté de Bélézia. Et toi ?      
-Contre les monstres. Qu'est-ce qui représente la liberté ?
-Je ne sais pas.         
-Des ailes ! Oui, parfaitement !    
-Ah d'accord, alors mon groupe sera... hum, "Les Ailes de la Liberté", c'est bien ça ?    
-Oui ça va.   
-Ce serait bien si je pouvais voler...       
-Tu ne peux normalement pas voler mais as-tu déjà utilisé de la Magie ?
-Non, et puis je ne sais pas comment en condenser. Je n'ai jamais demandé à ma chérie comment on fait...           
-Avec une arme d'incantation ! Tu te concentres, tu prononces le sort et tu l'envoies, je ne vois pas ce qu'il y a de difficile là-dedans... Si tu veux je t'apprends un petit tour de passe-passe.          
-Pourquoi pas, si tu n'es pas encore trop faible...        
-Pfff... moi faible ? Non, ça va. Ce sort se nomme "Gaëris", "Embrasement" si tu préfères. C'est le sort le plus basique que tu pourras trouver et qui te permettra de former une trombe de Feu sur ton ennemi.           
-D'accord.
-Alors il te faut savoir que pour le sort basique de chaque Magie, on note trois paliers de puissance : c'est une convention, rien de strict. Par exemple, Gaëris étant un sort de base, deviendra Zwetgaëris puis Treicigaëris, là où le sort sera le plus puissant. Tâchons d'apprendre déjà le premier. 
-Et ce « Shaendra » que tu as utilisé tout à l'heure ?     
-C'est le sort basique de Foudre. Je ne maîtrise encore que le Zwetshaendra, ces magies sont longues à maîtriser totalement.         
-D'accord il faut que je me concentre, voilà.     
-Tiens, mon bâton, ça ne fonctionnera pas sinon.        
-Pourquoi déjà ?     
-Le Cristal, t'as déjà oublié ?        
-Non, c'est bon.       
-Tu n'es pas assez concentré là.   
-Et là, c'est... 
-Chut ! C'est toi qui le sais, pas moi.      
Je fermai les yeux et me dirigeai vers le ciel, dix secondes plus tard, je tentais une première fois :    
-Gaëris !
Rien ne sortit mis à part un centimètre de fumée, je me renfermais alors plus profondément dans mon esprit. Le petit Baalest me regardait toujours avec avidité. Je lançai le sort une deuxième fois :         
-Gaëris !
Une petite flamme s'échappa mais c'était hélas encore un peu risible, au moins je pouvais allumer une bougie d'anniversaire...
Je réessayais encore et encore, à force j'arrivais à faire de petites spirales de feu mais je n'atteignais clairement pas le niveau de base. L'infirmière nous rejoint pour nous dire que Claire, Clen, Mélora et Marion étaient réveillés, on partit les voir et l’on conversa un peu.           
Ceci fait, on resta à l'infirmerie jusqu'à ce que tout le monde soit rétabli et nous décidâmes de partir dîner. Bien que ce ne fût pas une heure de repas le cantinier ne rechigna pas, il paraissait plutôt content vu qu'on l'avait sauvé.      
Nous arrivions dans dix heures et nous ne savions pas quoi faire : toutes les filles s'installèrent sur des chaises longues, Adam, Clen et Valka discutèrent sur l'intérêt de se réentraîner au combat, chose que durant un an ils avaient plutôt mis de côté. Quentin continua à m'exercer, longtemps, mais je ne faisais pas de réels progrès. Essoufflé, je partis boire et je revins cette fois-ci en omettant le bâton. Je me concentrais comme à l'accoutumée, sans entendre la remarque de Quentin : "Ça ne marchera pas sans objet d'invocation" et je balançais quand même la sauce :    
-Gaëris !        
Une torche de flammes se forma devant Quentin qui en resta sans voix ! Sur le coup, je ne calculais pas, je le questionnai : :
-C'est toi qui a fait ça...      
-Non ! Je te jure, je n'ai rien fait Baalest ! Recommence pour voir ?
Réitérant le sort, je le subjuguai en condensant la même torche sans le bâton ou l’objet utile, Quentin ne dit plus rien pendant deux minutes, fixant les sorts avec étonnement, puis il lâcha vaguement :       
-Je ne comprends pas, mais c'est tout simplement génial. Du génie, oui ! 
Ceci me laissa cependant harassé alors je m'installai avec Claire sur les chaises longues. Je voyais Quentin essayer encore et encore sans son bâton sauf que cela ne fonctionnait pas avec lui. Je ne savais quoi penser de moi, peut-être avais-je un Cristal ? Peut-être que naturellement cela marchait pour moi même sans Cristal ?           
Nous passâmes les dix heures suivantes à se connaître un peu tous et enfin nous abordâmes la terre ferme, c'était le soir et les informations du voyageur fou nous auraient informé que le lieu du complexe Autezard se trouvait à 330kms d'ici. Nous comptions nous y rendre le plus vite possible afin d'en stopper les agissements.   
En revanche notre préoccupation principale était de trouver un lieu où passer la nuit. Était en location un service de transport sur béliers à cornes multiples, les mêmes que l'on put croiser dans le Canyon Lavique l'an d'avant sauf que ceux-ci étaient domestiqués. Malheureusement, comme le service semblait en saturation de clients, nous cheminâmes du coup à pied. À ce moment Quentin nous expliqua le but de la mission qui les avait amenés ici : ils devaient abattre un type de monstre ancien et puissant vivant dans les collines au nord de la capitale d'Ezcard dans laquelle nous allions arriver : Flaucens. Ces créatures étaient appelées les Dévanimas. Sur la route, en regardant à notre gauche sur la côte sablonneuse, nous observâmes l'immense chantier naval dans lequel le Trans-Maritime avait été construit ces six dernières années.         
Au bout de quinze minutes, un attroupement de béliers et leur guide Ezcardien croisèrent notre chemin, Ieldor fit un signe de la main et le quidam s'arrêta en face de lui, sa ville natale était celle-ci et il connaissait beaucoup de personnes dont le transporteur. En lui donnant une pièce, le conducteur nous convia tous à grimper sur le bétail docile. Je grimpai sur l'un d'eux avec Claire, c'était plutôt confortable.           
Nous allions plus vite et en quelques minutes nous fûmes à Flaucens, une ville avec une approche clairement plus futuriste que les villes de Sir, surtout grâce aux lumières colorées de bleu qui donnaient ce soupçon de modernité. En fait ce bleu venait d'un minerai brut, l'Hyasaxum, que l'on piochait dans les cavernes de la colline au nord de Flaucens.     
De plus, cette ville avait des formes plus arrondies, plus congées, elle devenait magnifique une fois le ciel sombre... comme une sensation de jour éternel.  
Les béliers nous déposèrent au centre-ville, nous cherchâmes en vain un hôtel mais ils affichaient tous « complet », alors Ieldor nous proposa de passer la nuit chez lui : sa mère tenait un gîte et ça l'arrangeait de rester avec son groupe. Nous rentrâmes dans un petit jardin paisible, j'avais remarqué qu'il y avait étonnamment peu de fleurs dans cette ville... Ici, c'en était rempli. On grimpa l'escalier et il toqua. Sa maman lui ouvrit et après de grandes embrassades il nous présenta tous les six avant de lui demander la permission pour que l'on reste la nuit, elle lui répondit qu'il n'y avait aucun souci. J'en profitai pour demander à Quentin :       
-Toi, tu viens d'où ?           
-D'Artès.
-Sérieusement ? On habite aussi à Artès avec ma chérie !
Ieldor nous invita à parcourir un grand couloir suivi d'escaliers redescendant au rez-de-chaussée, dans un grand hangar totalement réaménagé de fond en comble. Clen le sollicita :     
-Il y a combien de chambres ici ? C'est grand...
-Quinze. Vous êtes dix donc ça ira, en plus il n'y a pas de clients ce soir, heu... Les douches sont ici à gauche, les toilettes à droite, bref, je pense que vous saurez vite. Au pire, tous mes amis connaissent, donc... détendez-vous, vous remonterez pour le dîner.        
Une fois que tout le monde eut choisi sa chambre et pris sa douche, nous remontâmes passer le reste de la soirée. Dans cette région où il ne poussait pas de Printes, c'était plutôt des pommes et des poires voire des fraises qui les remplaçaient. Le mélange de ces fruits donnait une tarte délicieuse remplie de vitamines que l'on savoura profondément avant d'aller se coucher.          
Je m'installai avec Claire et on se câlina un petit moment en silence, avant de rapidement s'endormir.           
Le village étrange de mes visions, ce village de mon passé inconnu resubmergea, il se trouvait dans mon esprit. Maintenant il était en ruine, comme si une explosion gigantesque venait de se produire en son centre, tout était désert et une odeur chimique emplissait l'espace :          
-Claire ? (Cela ne sert à rien, je rêve...).       
Je marchai le long d'une grande rue et je finis par reconnaître la grande bâtisse au bout, c'était une des seules encore debout :      
-C'est l'hôpital de Spirès...
Je percutai une pancarte puis je me mis à sa hauteur pour la lire, il y était inscrit :        
"Fête du Respect le 23.Sacron.2212, à l'occasion, venez profiter du banquet offert par notre restaurant !"

"Restaurant de l'Espagon: 09/04/2212"

Spirès avait-donc été rasée ce jour-ci, mais par qui ? Pour quelles motivations ? Pourquoi rêvais-je de ce village ? Qu'avais-je finalement en lien avec cette époque ?!? Tant de questions qui ne trouveront sans doute jamais de réponses...         
Je tournai la tête à droite, l'actuelle maison d'Adam n'existait pas encore, à gauche il y en avait une à moitié détruite, c'était la plus proche. Dans la rue il y avait un macchabée écrasé par trois tonnes de briques et dont le bras dépassait, sa montre s'était probablement arrêtée à l'heure du drame, étant donné qu'elle ne fonctionnait plus, elle indiquait 26h03. Je continuai vers la maison en évitant ou enjambant des blocs de pierre dans l'allée, la porte semblait déjà ouverte, non, il n'y avait plus de porte...
Je pénétrai à l'intérieur, le toit s'était effondré à cet endroit, je vis juste du sang sur le pas de la porte et du courrier. En me baissant je le récupérai et je lus l'inscription : la majeure partie ayant été rendue illisible avec le sang qui avait dilué l'encre, il restait cela :

"Armée de l'Espadon (envoi de la solde)".

J'ouvris le courrier et observai la monnaie à l'intérieur, ce n'était pas la même qu'à notre époque... je reposai le tout et traversai le panache de fumée encore même présent tellement cela faisait peu de temps que l'explosion avait retentie ici.
Il y avait un couloir juste après, il menait à des toilettes et soudain lorsque j'en fus proche, un cri de douleur en emplit l'espace et un grand coup résonna dans le mur, je fis trois pas en arrière : 
-(On aurait dit Goldar !)       
Je statuai sur mes gardes, prêt à frapper à chaque instant, finalement rien ne s'attaqua à moi. Ce devait être un coup fantôme alors je repartis vers un autre couloir et au fond quand j'ouvris la porte :        
-Une chambre de bébé ?    
Elle restait en meilleur état que le reste de la maison disloquée. Elle était peinte d'un bleu foncé profond et luisant qui me rappelait en tout et pour tout ma couleur préférée. Contre le mur et solidement accrochée était fixée une épée de bois semblable à la toute première arme que j'eus en main, elle devait sûrement servir pour quand le marmot serait plus grand. Il y avait aussi des tas de peluches de coton : bélier, chien, chat, ange, ainsi que de tous petits habits... cette pièce me faisait ressentir quelque chose de spécial...       
Après m'être penché au-dessus du berceau et avoir ausculté tous les éléments de ce petit monde étrangement familier, je repartis dans la pièce principale mais juste avant de refranchir la porte, j'ouïs un bruit strident, je me retournai et comme l'écran de fumée s'était atténué, je vis... je vis une femme enceinte étendue sur le sol, morte. Seulement, je ne pouvais, il m'était impossible de voir son visage, je pris crainte et avançai avec la plus grande bravoure possible.        
Avec une brutalité extrême sortit de ce visage flou une énorme figure machiavélique qui me transperça en une fraction de seconde !! Je hurlai et en même temps quelques voix venant de nulle part m'assaillirent avec ardeur :          
-Sans sa vengeance, tu l’as comme tuée une seconde fois !   
-Tu n'es pas à ta place ici, venge-nous, c'est cela ton destin !!!
-Ahhhhhhhhhh !!!    
J'eus un énorme spasme qui me fit asseoir sur le lit tout en crevant du silence. Claire se réveilla en triple bond, non mon hurlement éveilla tout le hangar ! Elle m'empoigna de vive force entre ses bras pour que je me calme. Ce fut difficile. Je lui contais des choses dont elle ne pouvait en savoir la nature :         
-Baalest, calme-toi, c'est un cauchemar. 
-Claire... qui suis-je, que suis-je ? Qu'ai-je fait là-bas ?!!
-De quoi parles-tu, chéri ? Arrête, reprends ton souffle...
-Aide-moi, aide-moi à me souvenir !     
-Je ne sais pas, moi ! Je ne comprends pas ce que tu as vu, Baalest.
On toqua à la porte et Mélora ouvrit précipitamment, elle était très inquiète et se jeta presque à mon cou. Avec ces deux présences rassurantes plus toutes les autres qui étaient devant la chambre je finis par revenir à moi-même et me calmer.         
Ils restèrent tous un bon quart d'heure, présents au cas où... Mélora finit par repartir se coucher, anxieuse alors je lui promis que pour ce soir c'était bon, que je n'allais pas refaire de cauchemars. Claire m'enserra et voulut comprendre alors je tentai de lui expliquer mais c'était flou dans mon esprit et elle ne comprit pas tout.       
Je ne dormis pas du reste de la nuit. Goldar, si cela fût de ta faute ! ... Claire, elle, retrouva malgré tout le sommeil après m'avoir enserré dans tous les sens.    
Le matin arriva plutôt lentement mais j'étais en forme, les pas que faisait Ieldor en descendant l'escalier annoncèrent qu'il était temps de se préparer pour repartir, je remontai avec lui. Ieldor préparait le déjeuner, en l'aidant j'en profitai pour l'interroger sur notre prochain objectif :  
-Dis-moi Ieldor, toi qui es d'ici, tu connais donc bien la région ?    
-Je me débrouille, oui...    
-Nous devons rejoindre Ircès, j'ai déjà dû le dire.       
-Oui, quand on a abordé la terre ferme, et alors ?       
-J'aimerais savoir comment est la route, s'il y a des bêtes dangereuses ou des lieux où se reposer, car on m'a dit que c'est perdu et immense comme endroit...
-J'ai dû y aller deux ou trois fois avec mes parents. La route, c'est simple, c'est la plus longue au monde, elle parcourt les 250 kilomètres séparant la Capitale d'Ircès, toujours tout droit et sur du plat tout le long, traversant Ezcard d'ouest en est, sinon, il y a deux patrouilles gardant ces routes, l'une de Flaucens, l'autre d'Ircès.          
-Ce qui veut dire qu'il y a des monstres...        
-Certainement, sinon les accès ne seraient pas gardés. Soyez prudents en tout cas. Ah oui ! il y a plusieurs auberges gardées par la milice sur la route, vous pourrez vous y reposer.   
-Merci. Ah, les autres arrivent...  
Nous prîmes un succulent petit-déjeuner autour de jus de pomme et de petits sablés à la poire. Vint alors le temps de s'équiper de nos armes pour la longue traversée qui suivait, Quentin, lui, donna des instructions à son équipe :
-À tout le monde, attendez. J'ai une dernière chose à vous dire : nous ne serons pas les seuls à combattre les Dévanimas, d'autres clans nous épauleront, mais essayez tout de même de récupérer le plus de choses possibles, tout ce qui est vendable, pierres, os, et ce que l'on pourra arracher à un ennemi par la Magie ou un autre moyen, il faudra le mettre dans des contenants emplis de vide pour les conserver, je m'en chargerais avec le pouvoir du Néant. Vous avez bien compris ? Nous n'avons pas trop le choix ou ce sera la dislocation du clan par manque de Gildors.
Je dis à Adam :        
-Eh bien, pas très facile la vie de mercenaire.  
-Ça tu l'as dit. En soi, s'ils n’ont pas d'argent, ils ne pourront pas restaurer leurs armes et leurs protections ou en acheter d'autres.         
Ils étaient tous prêts et nous aussi, Ieldor salua sa mère et on quitta sa demeure quand on ferma la porte. Quentin et Ambre commencèrent à se disputer, comme frère et sœur normaux je pense, il lui rabâcha un truc que j'avais entendu à travers la cloison dans le hangar, c'est-à-dire que le nombre de Mages de Lumière qui serait présent pour combattre les Dévanimas serait suffisant et qu'il n'y avait pas besoin de Mages supplémentaires. Cependant, il risquait de manquer de guerriers et elle ne pouvait ni le voulait porter l'étoffe d'un soldat ou d'un rôdeur quelconque : elle voulait rester Mage et ça avait l'air d'embarrasser Quentin qui se demandait s'il n'était pas plutôt préférable de la laisser chez Ieldor. Dylan, qui commençait à avoir les oreilles bourdonnantes comme nous souhaita stopper cette dispute inutile :           
-C'est bon, vous deux, arrêtez un peu... on a du boulot.
-Ce n’est pas tes oignons, Dylan, on se chamaille, c'est fraternel !
-Mais.
-Chut ! objecta Quentin.    
-(La prochaine fois je prends des bouchons de cire avec moi...)
Ils reprirent leur engueulade comme s'il n'avait rien dit, autant dire que leurs jérémiades nous mettaient un peu tous sur les nerfs. Finalement, je repensai à quelque chose de pertinent et dans ce même sens :           
-(Heureusement que Mélora n'est pas ma vraie sœur parce qu’on en saoulerait plus d'un...)        
Ceci finit par le fait qu'Ambre se mit à bouder son frère. Elle lui jeta cette phrase à la figure en se cachant derrière Adam qui resta de marbre :      
-Si c'est comme ça, eh bien je pars avec eux !!! 
-Vas-y, fais ce que tu veux, on verra au retour. Tiens Baalest, tu la veux, je te la confie.           
-Mais je... Je n'ai rien dit, moi...   
-Elle te sera plus utile qu'à nous sur cette mission, en plus tu n'as pas de Mage de Lumière dans ton clan.           
-C'est ta sœur, pas la mienne... Bon...D'accord, j'en déduis que je n’ai pas le choix. Bienvenue, Ambre.           
Au moins ils ne criaient plus et cela soulageait nos oreilles ! C'était cela dit bien vrai car depuis la mort d'Esther nous n'avions pas eu de Mage de Lumière et que face à l'antipathie de Goldar il nous en fallait un. Nous franchîmes une immense place couverte de drapeaux bleus qui flottaient dans le ciel.  Les gens d'ici pratiquaient un sport spécial consistant à lancer une sphère d'un verre indestructible (où, en son centre, une lumière éternelle et magique était incrustée) dans l’un des anneaux illuminés qui se devait d'être de la même couleur afin de marquer des points, le tout avec un "Barreur" disposé à un mètre cinquante des anneaux, armé d'un grand manche en bois aux airs de pagaie afin d’intercepter la sphère. Ce jeu était communément appelé "Le Lumisphère" dans la région, il regroupait beaucoup de monde dans Flaucens. Il existe apparemment d'autres variantes telles que le jeu avec deux "Incrusteurs" qui peuvent faire des stratégies afin de déconcentrer le "Barreur" ou avec deux "Barreurs", voire en double avec deux de chaque côté...         
En lui-même, d'après Ieldor, on jouait à quatre avec un Incrusteur et un Barreur par équipe. Il y avait quinze anneaux dont trois de chaque couleur, c'est-à-dire bleu, jaune, rouge, vert et blanc par ordre de difficulté croissant. Les points étaient attribués de manière similaire : 5 pour les bleus, 10 pour les jaunes, 20 pour les rouges, 30 pour les vertes et 50 pour les blancs.          
Dans le règlement officiel, au début de chaque partie qui se dispute en trois (ou cinq) Séances de 10 Frappes, la distance est aléatoirement choisie entre cinq, six, sept, huit ou neuf mètres et un tirage de pièce a lieu : l'équipe perdante joue alors d'un mètre plus loin et en second. Avec l'exact calcul, ça peut aller jusqu'à dix mètres. Avant chaque tour, la sphère est choisie aléatoirement via une mélangeuse opaque d'où tombe une sphère. Les séances durent 10 frappes ou si l'une des équipes atteint 225 points, dans ce cas, on passe à la séance suivante. Enfin, il y a un arbitre et un ramasseur de sphères pour celles qui manquent leur anneau. Les sphères sont vidées de leur anneau (où derrière est installé un filet pour les retenir) toutes les trois frappes. Ieldor était content car : 
-J'ai été champion de mon quartier il y trois ans !       
Mélora demanda alors, enthousiaste :   
-Tu nous ferais une démonstration ?     
-Ça fait longtemps que je n'y ai pas joué, et puis je n'ai pas de lumisphères...     
-Allez juste une ! Tu es lancier, la précision c'est ton truc, non ?
-Maître d'Hast, je suis maître d'Hast, pas simple lancier.
-C'est quoi la différence ? 
-Je manie toutes les armes d'Hast, dont la lance, mais aussi l'hallebarde, la vouge, la faux ou la naginata...           
-(Je ne sais pas ce qu'est la nagitatna, euh... nagitana, mais fait la connaisseuse... et dévie le sujet) Ah d'accord, je vois. Bon, alors, tu vas les tirer, ces sphères ?  
-Avec quoi ??          
-Ah oui, euh... regarde, là, il y a des joueurs, demande. Il y a une piste de libre en plus...       
-Vous êtes bizarres, les filles...    
-Hé ! (je ne te permets pas !) 
Ieldor partit d’un air résigné demander à un jeune qui lui proposa une partie rapide en trois lancers. Il apporta dix sphères et il les disposa dans la mélangeuse, ensuite le petit, grâce à la manivelle, remua les sphères tout en demandant à Ieldor :    
-Combien de mètres ?       
-Euh, six.      
-Tu t'appelles ?       
-Moi, c'est Ieldor, et toi ?   
-Sébastien, appelle-moi Séb.        
Le petit demanda à sa maman de tirer la pièce et Ieldor fut donné en défaveur, pour lui ce sera sept mètres.          
La mini-partie débuta. C'était le petit qui commençait, il prit la première sphère, bleue, et Ieldor tint la perche, on s'amusait à l'encourager :     
-Vas-y, bloque la sphère, tu peux le faire !       
-Je sais.         
Au moment où il tourna la tête pour nous répondre, Sébastien tira et marqua les cinq points.           
-Quoi ?         
-Il ne faut jamais se déconcentrer. Expliqua le petit.  
Mél pouffa de rire alors il se retourna vers nous :      
-Maintenant, chut, il faut que je me concentre. Attends Mélora, quand tu joueras tu verras que ce n’est pas facile.
C'était à Ieldor de lancer, il obtint une sphère jaune et j'empêchai Mél de l'encourager car cela le déconcentrait.
Il choisit de tirer dans le cercle du bas, et malgré un rebond contre l'anneau la sphère rentra. Il passa en tête du classement :           
-Oyat ! 10 points.    
Séb se retrouva ensuite avec une sphère rouge, il fronça les sourcils, Ieldor se prépara et lorsque l'adversaire déclencha sa frappe, Ieldor sauta en avant pour dévier la sphère qui finit dans les filets.           
C'était de nouveau à Ieldor. Au tirage, il eut la chance d'avoir une lumisphère blanche, il détonna une frappe puissante qui parvint à passer la barre mais elle s'écrasa dans les filets :
-Manqué !     
Le troisième tour arriva. Sébastien jouait de nouveau pour 20 points, il feinta Ieldor d'une fausse frappe avant de l'envoyer pile dans le centre du cercle rouge du haut. Ieldor devait marquer pour gagner avec la sphère verte qu'il avait eu au tirage, pour cela il avait une technique bien à lui, il tirait avec le bras (droit) à l'horizontale en se décalant sur la gauche, la sphère partit ainsi avec une plus grande puissance, cependant elle toucha le haut de la perche et rebondit dans les airs. À sa retombée, personne, béat, ne savait si elle allait tomber dans le filet ou pas.
Finalement elle rebondit contre le bord d'un anneau avant d'y rentrer, mais :     
-Argh, ce n'est pas tombé dans l'anneau de la bonne couleur !        
-Ouais, j'ai gagné ! Maman, tu as vu ?   
-Oui mon chéri, c'est très bien.    
Il avait l'air content, il s'adressa à Ieldor :         
-Je suis le meilleur !            se pointa-t-il du pouce.     
-Ne t'enflamme pas non plus, c'était un coup de chance... dis, tu vois la jeune fille qui se moque de moi là-bas ? Tu peux lui laisser faire un ou deux tirs ?     
-Oui.
-Méloraaaaa, viens ! Eh oui, on rigole mais essaye au moins !         
-Avec plaisir.           
Sébastien distribua les deux sphères bleues à Mél, qui d'un coup reprit de son sérieux. À cinq mètres avec les plus grands anneaux c'était plutôt facile... Ieldor faisait le barreur.        
Elle joua une première fois, et vautra son tir à quelques centimètres, la seconde fois elle se concentra davantage, mais Ieldor d'un élan fougueux stoppa net le tir cadré de Mélora qui se retrouvait dans une situation plus délicate :
-(La honte...) Euh, je peux réessayer ?     
-Non, t'as perdu. Tu es débutante donc forcément un peu nulle...  
-(Je hais les garçons quand ils font ça...) D'accord, j'ai perdu, on fait une revanche ? 
Quentin et moi-même intervînmes :      
-Il vaudrait mieux que nous partions maintenant, après nous serons en retard.  
-Quentin a raison, vous rejouerez la prochaine fois. Nous avons un monde à sauver si vous avez oublié.           
On salua le petit Sébastien et nous partîmes de la place. Certainement qu’à un moment nos routes allaient se séparer et cet instant vint à un carrefour où nous nous arrêtâmes. Il était temps de se dire au revoir et Quentin parla en premier :      
-Bon, il est l'heure de se séparer, nous nous retrouverons après à Flaucens. Ambre, je compte sur toi pour être sage...
-Oui, t'inquiète, je le sais, frérot. 
-Baalest, c'était un honneur de te rencontrer, améliore ta Magie et tu deviendras surpuissant, j'en suis sûr. Vous autres, j'ai passé un agréable moment avec vous. Par où est la sortie ? Hum...         
Marion nous informa aussi que :
-Je vous écrirai une lettre quand nous serons au poste de combat. Je la ferai poster à Ircès, vous l'aurez sûrement au retour de la grotte quand vous y repasserez.   
-Merci, nous ferons de même depuis Ircès quand nous y arriverons, bon courage, à bientôt. Approuvai-je.       
Ils partirent tranquillement et finirent par disparaître au tournant qui amenait sur une autre place, nous de notre côté continuâmes à l'est jusqu'à la place des marchands, cela tombait bien, il nous fallait de la victuaille pour tenir sur la route.
Ambre faisait maintenant partie du voyage, mais ce fut quand-même avec une certaine inquiétude que nous laissâmes Quentin et le reste de son équipe aller affronter ces créatures mais comme lui n'avait pas cette crainte et qu'ils ne seraient pas qu'un seul clan pour lutter... 
Sur cette place, la dernière avant une route qui sortait de Flaucens, il y avait de tout : de la nourriture, des sphères, des armes, des habits, des boucliers et des jeux. Avec les 1000 Gildors que nous avait donné le capitaine pour l’avoir sauvé plus l'argent que l'on avait déjà, cela faisait 1280, j'espérais que ce soit assez pour la nourriture et les armes... Clen assura que oui.           
Nous marchâmes jusqu’aux allées, le plus important pour notre première journée était sans doute du pain, nutritif et peu onéreux, il nous faudrait également de l'eau fraîche et justement cela tombait à point, il y avait une marchande assise avec un bébé dans le berceau à côté ! La commerçante tenait un petit stand de boulangerie bigarré. On s'en approcha et l'odeur douce affola nos papilles :
-Bonjour, vous voudrions sept baguettes et sept petites bouteilles d'eau s'il vous plaît ? Lui sollicitais-je.           
-Euh... avec plaisir...          
On pouvait cependant voir qu'elle n'était pas très heureuse et outre le fait qu'elle était brune, la ressemblance de son visage avec celui d’une connaissance que l'on a en commun avec Mélora, qui par contre n'eut pas fait gaffe au détail, me frappa grandement :
-Mais attends, je te reconnais, Aurore ?!
-O... euh non, vous faites erreur, moi, ce n’est pas... Aurore, je... je m'appelle juste... Justine, oui voilà ! Tenez vos baguettes, votre eau, bonne journée !         
-(J'aurais parié que c'était elle...)       
Nous repartîmes quand Claire me happa par le bras :          
-Qui est Aurore ? C'est l'orpheline dont tu m'avais parlé et qui se trouvait à Spirès ?    
-Oui, une connaissance à Mél et moi, je ne peux rien affirmer, si ce n'est pas elle...       
-Laisse... Si elle ne veut pas que cela se sache... On verra de retour à Flaucens.  
-Cela me désole quand-même, je l'ai aidée...   
-Donc tu sais que c'est elle ?        
-Quasiment. Je porte juste quelques doutes à son propos : peut-être se cache-t-elle de quelque chose ?           
Mélora n’avait pas suivi la conversation. Ce fut un peu moroses que l'on reprit notre recherche, jusqu'à un grand magasin d'habits et d'armures où le nombre de produits était à peu près équivalent au nombre de personnes, autrement dit il y en avait beaucoup. Mélora fixa une affiche placardée sur une vitrine et elle me sourit :        
-Faut pas rater ça !  
-De ?  
-Les soldes, enfin ! C'est aujourd'hui !   
-Et alors, cela change quoi ?         
-Comme c'est moins cher, ça nous coûtera moins d'argent, réfléchis... On rentre...         
-Oui.
Mélora passa sans encombre en cachant sa dague, nous en revanche, avec de grandes armes, la discrétion...  
-Vous ne passerez pas ! nous rappela un vigile de la sécurité.
Ambre soupira :     
-Décidément, c'est de plus en plus souvent que ça arrive...
-De quoi ? lui chuchotais-je ahuri.          
-Il veulent durcir leur politique sur les armes blanches...
-Cela veut dire que bientôt on pourrait ne plus avoir le droit d'en porter une ?! Écoutez monsieur, nous ne sommes PAS des criminels !   
-Vous pouvez blesser quelqu'un sans le faire exprès.           
-Je vais y aller avec Mélora, tu me prends mon bâton ? reprit Ambre.       
On partit s'asseoir et on patienta, longtemps, très longtemps, ce fut comme interminable mais nos deux comparses finirent par pointer le bout de leur frimousse à travers les passants, chargées comme des mules. Nous les assistâmes alors, elles nous rappelèrent qu'il y avait tout sauf les armes, ce qui n'était pas grave en soi car une armurerie se trouvait juste en face...         
De même que pour le magasin d'habits, avec la peuplasse en moins, nous pénétrâmes dans celle-ci, cette fois-ci était accepté notre arsenal. Notre but était de trouver des armes de qualité à un moindre coût sachant que certaines des nôtres étaient à la limite de la rupture. La mienne qui usait de sphères ne prenait pas de dommages et cela formait un avantage indéniable.
Cela dit, je souhaitais répondre fictivement au commerçant de Spirès qui ignorait encore les effets des différentes sphères élémentaires déposables sur cette arme. Justement, le premier rayon à gauche contenait toutes les sphères nécessaires, Claire récupéra les sphères de Métal et de Feu que je possédais puis j'achetai une de celles d'élément Plante afin de la fixer sur l'épée qui se métamorphosa en un tronc d'arbre surmonté d'une grande feuille luisante. Les passants regardaient ma claymore comme une curiosité de ce fait !
Une fois ceci acheté, ce fut Clen et Valka qui partirent remplacer leurs armes émoussées. Clen revint le premier, armé d'une sorte de grand kriss de la taille d'une épée, ses tons bleu azur ainsi que le prix très attractif n'empêchait point la lame d'être affûtée comme un rasoir. Valka nous appela ensuite tous, il venait de dégotter une nouveauté : "Marche-Blanche. Arme-test : Faux à composante principale : Aquaws BLANC." Je m'étonnai :     
-Une étrangeté pareille existe naturellement, Adam ?           
-Jamais entendu parler... blanc ? 
-En plus c'est une arme-test, tu ne trouveras pas moins cher, Val ! ajouta Clen.  
-Je vais essayer.      
Il partit voir un vendeur qui lui ouvrit la vitrine, Valka prit cette ambiguïté à bout de bras et fit deux trois tranches dans le vent et nous préférâmes nous écarter de là. Elle lui paraissait vraiment très solide.           
Il nous restait après les achats d'habits ainsi que des armes de Claire et de Clen environ 650 Gildors. Lorsqu'on demanda au vendeur le prix de la faux, il nous répondit seulement 150 Gildors, du coup il encaissa Val qui était content d'avoir quelque chose de si rare pour si peu.        
En sortant du rayon, Adam opta pour une "Lance supersonique" pour remplacer cette vieille lance à l'effigie d'Anarchia, et puis sa culture lui faisait connaître davantage de choses sur son utilisation que nous. On constitua notre stock de nouveaux boucliers puis l’on ressortit.           
Avant de quitter Flaucens il nous fallut aussi prendre des curatifs sur un autre stand de la place où notre multiples-fonctionnalités Clen nous dégotta encore un objet utile en cas d'agression : il s'agissait cette fois de grenades fumigènes.
Il ne restait qu'à passer le panneau de sortie de la capitale d'Ezcard et nous voici enfin sur la "Route Sans-Fin".     
Ieldor m'avait dit qu'Ircès était à 250 kilomètres d'ici, en ligne droite, en plus il n'y avait qu'une seule route et les passants étaient rares. Pour nous, cela constituait la grande étape avant de pouvoir accéder aux Forêts Denses puis à la grotte. Goldar nous arrivons...

Comme « Sirois », mais sur Ezcard.

Dévoreurs d'âmes. Des spectres sombres et gélatineux d’origine floue.

A SUIVRE ICI