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Les orphelines de Spirès    

Des « bouseuses », douze orphelines,
Habitaient au milieu de ruines,
Ruelle sombre où l’on surine,
Les personnes qui se croient malines.
Quand la nuit ploie sur les toits hauts,
Les lampes forment des halos,
Sauf dans la ruelle-tombeau.
La peur seule éclaire les peaux.
Ces peaux de corps maigres d’enfants
Masquent l’espoir évanescent,
D’âmes en requête d’arguments
Pour trouver des parents aimants.
Les on-dit cyniques à Spirès
Les présentent comme maîtresses
En vols et en crimes, confesse
Le curé voyant leur détresse.
La vérité n’est pas que là !
Ce sont des ragots de djamaas
(1),
Voulant les votes de gagas,
Bien prêts à s’y fier ici-bas !
Elles subissent de l’injustice,
Dans tout leur corps la faim s’immisce,
Depuis la mort de leur nourrice,
Elles n’ont âme qui les chérisse
(2).
Plus de voix doivent s’élever,
Dénoncer et faire exister
Les plaintes des gens opprimés.
Dans Spirès, et toute cité !

Guillaume Bagnol.                               

(1) synonyme pour "notables". Utilisé originellement pour parler des notables Sud-Africains.
(2) Licence poétique.