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Chapitre 2

Rêves de jeunesse

Une fenêtre de la rue de l’Hôpital s’ouvrit sans un bruit. Romane y plongea sa tête, soudainement ravivée par la brise fraîche qui caressa son visage pâli. Son sac à dos mauve et argenté en place, elle agrippa la gouttière ancienne en zinc et descendit attache après attache le long conduit qui la conduisit dans son jardin. Et maintenant, où aller ? Les réverbères dorés ne l’accompagnèrent qu’un temps avant que les ténèbres de la nuit l’engloutissent. Elle seule savait où trouver du repos, elle longea donc les nombreuses rues et continua de marcher, s’enfonçant peu à peu dans la forêt qui bordait l’est de Spirès. Visiblement, il ne s’agissait pas d’une fugue, mais de retrouvailles, sa retrouvaille, son moment de luxe, calme et volupté. Adossée à un arbre jouxtant une vieille cabane défigurée par le temps et les tapis de bombes, elle souffla enfin et se demanda pourquoi tout avait tant changé depuis son enfance, et pourquoi tout ce qu’elle avait s’était envolé. D’un air morne, elle contempla la cabane, et songea à ses anciens amis partis dans d’autres contrées à l’arrivée de la guerre. Elle resta assise un petit moment, en silence, à écouter les émanations sonores de la forêt, puis elle ouvrit sa montre à gousset sur laquelle figurait la photo de son père qu’elle fixa avant de se parler :          
Ça va être l’heure, ils ne vont pas tarder...       
Aussitôt elle rebroussa chemin et rentra dans Spirès. Sur les trottoirs nocturnes, pas de quoi faire la fière entre les vagabonds sombres, les miséreux ivres et les racoleuses cambrées, au moins passer par là dut la faire méditer sur son malheur. Tournant au coin conduisant vers le promontoire de la ville, non-loin de chez elle, elle partit retrouver ses nouveaux amis. Pour la plupart, il s’agissait de voisins proches ou de rencontres faites grâce aux sortes d’écoles d’enseignement qui avaient subsisté et qui étaient maintenues par des parents d’élèves. Elle les salua en leur tapant la main, puis elle s’installa sur un banc d’où l’on voyait toute la ville, et avec eux, elle se mit à parler. Ceux et celles qui l’accompagnaient avaient rapporté des biscuits délicieux, et des boissons alcoolisées que ne toucha pas l’adolescente. « C’est ma mère qui les a fait, mais je n’aime pas trop le chocolat... » :           
—Pourtant, pour un noir...   s’amusa l’un d’eux.
—Ha... Ha... Boucle-là, blanchette ! Tu ne sais pas même faire la différence entre un clou et une vis et tu me parles... exprima l’autre avec répartie.    
—Et puis ça n’a aucun rapport... conclut Romane.         
—Je sais pourquoi il me fout la misère avec ses vis... dis-lui ce qu’on compte faire...         
—Ça a l’air voué à l’échec, chuchota l’une de ses amies.
—Pourquoi ?
—En fait, on va intégrer un navire qui est en charge de faire le tour du monde. Nous allons redonner du bonheur à tous ceux qui l’ont perdu après la guerre. C’est le bateau de mon padré, une véritable usine, un truc de dingue qu’il faut voir pour croire !              
—Ouah ! Ça a l’air dément ! Pourquoi faites-vous toujours des trucs sympas ? Moi je reste ici avec ma mère et mon jardin ! J’ai l’impression que je ne serais jamais adulte ! Je ne sers à rien et je m’ennuie.           
—C’est sûr que ce n’est pas en regardant les feuilles tomber que tu vas t’activer !           
Eh ! Ce n’est pas aussi simple pour elle, Egerjo. Toi tu n’as pas de famille...         
—Je préférerais en avoir une !      
—Tu m’as moi, triple buse !         
—Merci, Laynald.   
—Et pourquoi ne pas la faire venir avec nous ? supposa une rouquine aux cheveux bouclés qui répondait au nom d’Angela.
La question relevait du dilemme. Tous avaient beau être de vieux amis, Romane avait sa vie bien rangée avec sa mère, et sa mère avait sûrement besoin d’elle. Si la pluie de Spirès était un danger, que serait le bout du monde ? Un lieu inconnu pour elle, un lieu sauvage en quelque sorte. Eux n’avaient plus de famille, sinon le spirelien à la peau de café Laynald. Elle avait beau rêvasser à entendre ces beaux contes de bienfaisance et de voyage atypique, comment faire partie de cette histoire étrangère ? Ne serait-elle pas elle-même plus paniquée que curieuse. Le regard bas, elle n’osa pas fixer la fille du groupe pour lui répondre et balbutiante, elle indiqua qu’il valait mieux qu’elle s’en aille avant de perdre le sens de sa réalité.
—Attends ! l’interrompit Egerjo. Si jamais tu changes d’avis, nous serons au port jusqu’au surlendemain, 12 heures. C’est tôt, alors dépêche-toi de te préparer !

Quelle insistance ! Elle fit un sourire gêné et préféra s’en aller, pourtant, elle restait plus longtemps, d’habitude. Renfrognée, elle remonta sur sa vieille gouttière et partit aussitôt se coucher.

Au lendemain venu, à l’heure où les passereaux de la colline se mettaient à migrer vers le sud, en Arkosie(1) et qu’ils passaient, à tout hasard au-dessus de l’habitation de Romane, ensoleillée, elle leva les yeux pour apercevoir ce fabuleux spectacle. Un spectacle bruyant, rempli de « Sciii ! » scandés par ces oiseaux-migrateurs grisâtres qui fit de son arrosage quotidien un fardeau un peu moins lourd à supporter. À l’heure où mère usait sa santé dans les champs, Romane devrait s’astreindre à soigner la demeure. Elle aurait assurément voulu exploser toute l’énergie qui bouillait en elle et faire dix-mille chose à la fois, ne pas se résigner à la pruderie qui stagnait encore des années après la Guerre ! Ne tenant plus en place, les idées jaillissantes, elle s’empressa de nourrir des iris à l’eau du puits et de monter dans sa chambre faire des effusions violentes de graphite le long de ses velums, barbouillant des esquisses incompréhensibles sur ce si petit espace rectangulaire. Plutôt que dix feuilles, c’était toute un mur qu’il lui aurait fallu. Elle noyait son imaginaire rempli de choses non-conventionnelles, de monstres quasi-mythologiques, de héros au cœur, aux idées et aux actions nobles. Dans son univers la Magie existait, et ce fait l’opposait à sa mère qui croyait qu’elle ne voulait tout simplement pas grandir. Si seulement elle pouvait tenir la vraie Magie au bout de ses fins doigts, la tenir comme le champ-des-possibles ! Triomphante, elle leurrait la fatigue et persistait à faire naître des créatures fantasmées. Elle s’arrêta soudainement, la porte d’en-bas se referma tout à coup : midi venait de sonner, le midi de l’horloge que la radio ne lui avait pas permis d’entendre. De bonne mine, elle partit saluer sa mère, cette dernière s’affala à la suite sur la méridienne, le dos souffreteux. Si souffreteux qu’elle quémandât un massage à Romane. Elle n’était pas aussi stressée quand il faisait beau, et surtout quand l’alcool ne coulait pas à flots ! Ensemble, enfin conviviales, elles préparèrent un délicieux gâteau au yahourt qui fleurait bon le zeste de citron. Elles ouvrirent une parenthèse et Romane osa presque évoquer le projet de ses amis. Or, elle se ravisa pour ne pas tuer l’instant.
Sur le fil du repas, elles écoutèrent des tonalités joyeuses d’une grosse caisse couplée à de somptueux violoncelles. L’air était puissant, il appelait au voyage, et replongea l’adolescente dans ses rêves d’enfant. À tel point que ce fut sa maman qui lui tapota sur l’épaule pour lui demander de tendre l’oreille : un reportage farfelu était en train d’être narré pendant la quotidienne. « Demain, une expédition d’un autre genre aura lieu. Un véritable vaisseau quittera Spirès pour parcourir le monde afin d’apporter du bonheur aux familles qui ont souffert de la Guerre. Ce projet d’origine bénévole est défendu par M.Georg Nautol depuis déjà 3 ans. Spirès est fière de voir ses habitants se battre pour le retour à l’équilibre après la décennie de carnage dans laquelle nous sommes. Peut-être même qu’un jour les armes et la Magie seront à nouveau autorisées mais ne croyons pas à cette solution après les graves incidents qui se sont produits dans la centrale militaire de Sir. Un reportage signé... »  
—Maudite centrale.           
—Papa...
Elle songea à lui. Il fit partie de ceux qui montèrent dans cette fichue fusée et amenèrent la bombe magique qui aurait pu dévaster le monde. Ils sauvèrent le monde mais avaient été oubliés, ou plutôt passés sous silence. Romane détestait y songer et pourtant la Magie ne pouvait pas être un mauvais souvenir pour elle. Elle préféra penser au père de Laynald et de ses rêves qui concordait avec les siens. Hélas, ce n’était pas son caractère d’affirmer haut-et-fort que, comme papa, elle avait envie de quitter le domaine familial pour vivre, explorer le monde ! Elle ne dessinerait pas non plus. Romane était chargée d’aller chercher un colis dont elle ignorait tout chez de riches notables de Spirès. Intriguée par la demande de sa mère, elle ne chercha pas à insister même si le fait d’aller chez ces gens inconnus qu’elle préjugeait au statut lui parut impensable venant de sa mère. « Pourvu qu’elle refasse sa vie... » se mordit les lèvres l’adolescente qui cherchait la moindre excuse pour exécuter son plan du mieux possible. Elle prit sa laine et s’échappa sous les rayons blancs qui éclairaient les rues clairsemées. Romane ne venait que rarement au pied de la colline, où les oliviers étaient nombreux. Le parfum qui émanait de certains rosiers sauvages l’incita à se dire que tout n’était pas imbuvable dans les quartiers de riches... À part les nantis. Pressement, elle s’engouffra entre deux pylônes briqués aux tuiles ondulées et fit tinter une cloche de cuivre, sa main sur le portail peint. Ceux-là avaient quand-même quelques avantages, leur portail s’ouvrait tout seul grâce à la magie de Foudre, ce dont les pauvres de la ville ne pouvaient pas espérer. Eux, fallait qu’ils se lèvent et tirent le portail. Mis à part ça, qu’elle remarqua comme une étrangeté, elle ne remarqua rien d’anormal. Si, le son du phonographe était plus joli, sûrement la Magie d’Ultrason, ça. Un majordome moustachu tirant légèrement sur le cliché de servant se faisant vieux l’emmena jusqu’au perron de pierre blanche où elle attendit ce fameux colis. Une paire de jambes sportives apparut et descendit un sublime escalier boisé, un corps tenant le colis l’accompagnait nonchalamment. Les jambes filaient toutes seules, la tête n’eut à se réveiller qu’une fois en face de Romane ! Romane resta coi, ne sachant ni que dire ni comment se comporter face au « Salut ! Tiens ! » que lui valdingua sans réfléchir l’individu. Il avait son âge, or, cela n’aida pas à déclencher la moindre conversation. Romane se rappela avoir laissé son carnet de dessin et d’idées dans la poche de sa laine mais l’oublia instantanément dès que le jeune spirelien lui refourgua le carton. Béate, on ne sait trop pourquoi, elle resta plantée comme un piquet à tomates, jusqu’à ce que le garçon lui demande sans violence mais vivement :
—Qu’est-ce que tu regardes ?      
—...
—J’ai quelque chose coincé dans les cheveux ?
—... Non. Salut !      
Elle fit demi-tour, faillit se vautrer sur la marche du perron et partit aussi vite qu’arrivée. Quelle plaie ! Ce carton pesait une quinte ! Romane et ses fins bras d’artiste en herbe peinaient à la supportait alors ce n’était pas le Topaze(2) qui était en cause dans le fait qu’elle chancelait de gauche à droite dans les rues ! Elle finit par rentrer, les bras aux airs de charbons ardents, rougis par les angles du carton. Visiblement, sa mère qui ne se répandit pas en remerciements ne souhaita pas non plus lui dire ce de quoi il s’agissait. Qu’importe, Romane partit s’allonger une fois que sa mère lui eut dit qu’ils rechercheraient bientôt de la main d’œuvre pour les récoltes d’olive, d’endive, d’oranges ou de poires. Des journées interminables sous un vent glaçant, la larme au nez et des doigts violacés, tout ce que ne voulait absolument pas connaître la jeune spirelienne. À ce prix-là, autant faire de l’usine sur un bateau et se casser le dos au chaud !      
Elle passa son après-midi à mourir d’ennui, l’inspiration n’était plus là et le stress en avait pris la place. Fuguer ? Pourquoi pas ? Elle aurait juste de graves problèmes une fois la milice prévenue et une fois rentrée. Ce qu’il lui fallait, c’était une très bonne excuse ! Contre ça, rien à faire. Alors qu’elle s’affairait à préparer sa valise, histoire d’être prête en cas de besoin, pliant à l’arrachée ses vêtements pourtant repassés, quelqu’un ouvrait un étrange carnet d’un aire désinvolte et trop curieux.  
—Thaev, ne vous ai-je jamais appris la courtoisie. Ça ne se fait pas de lire le journal d’une dame.      
—Pardonnez-moi mère. Cela ne se reproduira pas. Savez-vous à qui il peut appartenir ? Je trouve que son contenu est intéressant bien que je n’y comprenne rien.     
—Il ne peut pas s’agir de celui d’Emelda. Elle est bien trop âgée pour en avoir un.        
—Attendez, mère. Il y a une fille qui est venue réclamer le colis du mari d’Emelda ce matin-là.          
—Sa fille, peut-être ? J’ai une idée : avez-vous préparé toutes vos affaires ?          
—Oui. Vous les avez inspecté trois fois.
—Même les affaires de toilette ?  
—Même les affaires de toilette.   
—Alors pourquoi ne partiriez-vous pas à la ville avec Fiedrick ? Cela vous fera sortir un peu et vous pourrez rendre ce calepin à sa propriétaire. N’achetez pas de cochonneries sur la route, on n’abuse pas de ma bonne volonté.
—Comment le savez-vous ?         
—Vous viderez mieux les poches de vos pantalons la prochaine fois que vous les disposerez au lavoir ! siffla gaiement la mère du jeune spirelien en rentrant dans la demeure.  
Et Thaev s’en alla d’un air gai, chic et entraînant...

« Il est où ? IL EST OÙ ?!! » Gémissait de colère Romane, sa chambre retournée dans tous les sens, complètement défaite. Parce qu’il est pénible de perdre constamment son matériel et surtout dans les moments phares, elle luttait contre l’hystérie les yeux piquants. Elle refréna son envie de pleurer en ne se voyant plus pouvoir partir sans son agenda et parce que sa mère l’appelait en bas d’un ton languissant. La jeune spirelienne ouvrait au quart de tour sa fenêtre et cria presque « J’arrive ! ». La fenêtre refermée, el balança de rage une pile de papiers scolaires qu’elle tenait entre ses mains et descendit aider à déposer de la paille autour des plantes fragiles. L’hiver serait là d’ici quelques semaines, le gel aussi. Finalement, elle se retrouva seule au moment où le jour commençait à décliner, massacrant presque les plants qui ne lui avaient rien fait avec sa hargne et le fait qu’elle voulait se presser. Elle entoura sa dernière plante les mains froides et pleines de terre et s’empressa de remonter vers la maison, or, elle entendit appeler au-dehors. Elle soupira, tendue, et avança vers le portail de son jardin :   
—Encore vous ?      
—Eh ! Vous n’auriez pas oublié quelque chose par hasard ?
—Comment... ? ouvrit-elle grandement la bouche... avant de la refermer aussitôt.         
—Vous l’avez perdu dans mon jardin.  
—Rendez-le moi.    
—Pas même un merci ?     
—... Merci. Fit-elle son regard noir.        
—Bon...
—Vous devriez y aller, je suis occupée. 
—Moi je ne le suis pas.      
—...
—Très bien. Ce n’est pas moi qui ai envie de partir à l’autre bout du monde...    
—C’est ça, tirez-v... QUOI ? Vous avez ouvert mon journal !?          
Excédée, elle serra les poings et comme aucun des deux n’était assez mature pour désarmer le conflit, Thaev tenta une autre phrase.     
—Je serais sur le bateau, demain, moi.

Il fallut bien que la nerveuse blonde cendrée se calme quand Thaev expliqua qu’il pourrait s’arranger avec « Emelda » pour qu’elle ait peut-être une chance de venir. Incrédule, elle ne sut quoi répondre mais elle se retrouvait bloquée, songeuse. Si elle refusait, il était certain qu’elle ne le verrait jamais ce navire ! Si elle acceptait...  
—Si je te promets que tu verras le monde de tes propres yeux... Laisse-moi lui parler.  
Pourquoi ce voyage lui était important ? Cela n’était pas à l’ordre du jour. Décrépie, elle finit par accepter de le faire rentrer mais elle ne monterait pas avec lui parler à sa mère. Cela la terrorisait, elle préférait élaguer cet espèce de vieil arbre tordu qui faisait office de prunier au milieu du jardin, tout de même soulagée d’avoir retrouvé son précieux carnet. De longues minutes s’enchaînèrent, la discussion était vive alors elle ne fondait aucun espoir et préféra s’occuper du prunier qui avait encore quelques prunes très mûres sur les branches. Pourquoi pas, Romans s’en saisit d’une et passa le temps en relisant des notes de son livre. Le jour allait tomber et bientôt, on ne verrait plus assez dans le jardin pour continuer de tailler quoi que ce soit. Soudain comme pour tout à l’heure, d’abord les jambes fuselées puis le corps qui suivit et sauta les quatre dernières marches avec un brio écrasant. Thaev tenait un sourire gêné, aïe, c’était signe d’une défaite ça, à moins que :
—Alors ?
—Il se pourrait que... non, je suis désolé !         
—Qu’est-ce qui te fait rire, alors ? s’indigna l’adolescente.
—Rien du tout, ton caractère.      
—Non, sérieusement !!      
—Bien sûr que tu vas y aller, je l’ai promis, non ?       
—Tu me mènes en bateau...         
—Ah ça oui, enfin, pas exactement moi, par c...           
—Merci ! explosa de bonheur Romane qui le sera dans ses bras à la volée.
Thaev ne bougea pas d’un poil, les bras contre le corps, incompris. Romane finit par desserrer son étreinte en lui demandant comment il avait pu réussir à convaincre sa mère !
—Justement. Tu viens sur le bateau, officiellement tu viens pour travailler, bénévolement. Je dois tenir un rapport de tes activités et, tous les jours, tu enverras le pigeon voyageur porter une lettre à ta mère. Sinon, le simple fait que tu travailles a convaincu ta mère. Bon, on s’arrangera si tu effectues bien le travail demandé pour que je demande à mère un petit complément qui donnera l’impression à Emelda que tu as été salariée. Ça te va ?
—Oh oui ! Attends, n’est-ce pas au père de Laynald que je dois demander cela ?
—Comment crois-tu qu’il a eu son navire ? À demain, tôt ! s’en alla Thaev, toujours aussi léger. La question, c’est « Est-ce que tu ne vas pas te dégonfler avant ! Haha ! »
Romane resta plantée dans le jardin, son carnet au bout du bras. « Je n’y crois pas... » retrouva-t-elle son sourire.  
—Je n’ai pas l’intention de laisser tomber.        
Emelda appela Romane à cet instant. Même avec une approbation, elle craignait toujours le pire et monta lentement les escaliers sous la nuit et le vent humide d’automne présents.

(1)Une centaine de kilomètres plus bas. Une région océanique assez chaude. L’Arkosie, comme Sir, est une région du monde de Bélézia. Cette dernière a longtemps été annexée par Sir.

(2)Un alcool puissant de Bélézia.