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Le lama d'Ircès

 

 

Un ours mal-léché promenait
Le long de ta belle clôture.
C’est bien son chemin qu’il cherchait
Mais tu le méprises, l’air dur.


Lama, c’est plus fort que toi
D’être trompeur !


Le grand ours s’approche des prés
Il finit hélas en pâture.
Le fermier, pauvre, le vendrait.
Tu rigoles, lama, c’est sûr.


Lama, lama, ça te perdra,
Ô grand malheur.


Après, broutant fièrement
Un carré d’herbe très fraîche,
Tu aperçois une oie dormant.
Mais tu n’as pas la langue sèche !


Lama, c’est plus fort que toi,
D’être farceur !


« Jouons ! » fais-tu hautainement.
Un crachat pour l’oie que tu chèches !
L’oie sursaute honteusement,
Tu te moques, tu te pourlèches !


Lama, lama, ça te perdra,
Ô grand malheur.


Sur le soir qui arrive alors,
L’humain vient pour te ramener.

Tu le défies de tous abords
Et tu te remets à brouter.


Lama, c’est plus fort que toi,
D’être défieur !


« Très bien, tu restes dehors » !
S’impatiente le fermier.
Cette infériorité t’honore,
Toi, le plus snobe de ces prés !


Lama, lama, ça te perdra,
Ô grand malheur.


C’est beau de te croire invincible
Mais bien sauvage est la nuit.
Ta clotûre est trop accessible,
Et assoupi, ton regard fuit.


Lama, c’est plus fort que toi,
D’être dormeur !


Des monstres font de toi leur cible
Sous la pleine lune blanchie,
Ils sont si froids et insensibles
Qu’ils t’emportent sans plus de vie !


Lama, lama, ça t’a perdu,
D’être têtu.