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Typiques villes

Un parfum fruité emplissait l’air de gaité,
Un parfum printanier sur une ville d’Art
Où civils et animaux vivaient sans rempart
Dans de très longues allées parsemées de fleurs.
Spirès, cachée du vent par Colline et Rocher,
Ne laissait flotter que le souffle musical
Qui agrémentait les rires sur les étals,
En chantant des habitants autant joies que pleurs.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Au-travers d’une nimbe de fruits sauvages
Si vifs qu’on les croirait luisants, magiques,
Dans d’une verte canopée esthétique,
Un village de traditions se réveillait.
On y vivait simplement, qu’importait nôtre âge,
Tantôt de chasse, de pêche ou de cueillette,
Tantôt de danse, de Magie ou de divettes.
Le bois protégeait Djidas, lieu qui l’apaisait.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Après le désert chaud et hostile, existe
Une frontière de hauts toits impressionnants.
Sice, capitale où tout était abondant,
Baignait de beau soleil et de modernité
Les badauds élégants porteurs d’améthyste
Qui se rendaient bijoux en main dans les salons.
Le bon vin coulait, rafraîchissant les caissons
Stomacaux des parvenus friands de péchés.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Près de l’océan les nuages menaçants
Planaient sur tous les murs ocrés d’Aégandia.
Quand la pluie s’abattait sous le ciel gris et bas,
Les meilleurs refuges étaient les gais bistroquets :
L’on y goûtait viandes fumées, poissons croquants,
Qui sortaient tout juste des fourrés ou de l’eau.
Sans faire offense aux capricieux et vils flots,
Le temps sombre était vaincu par la joie portée !

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Hors des sentiers battus, par-delà les montagnes,
La neige s’abattait sur des marchés blanchis,
Accompagnant d’un fort blizzard givrant, aigri,
Un lac gelé, un parc gelé, un pont gelé.
Les basses maisons avaient le froid pour compagne,
Les hauts plateaux avaient des courageux joueurs
De sports extrêmes, rustres, francs et fort rieurs.
Iceklagen, un éden qui se méritait.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Illuminée par des lampadaires bleutés,
Flaucens voyait ses rues animées de loisirs
Extravagants, qui jamais ne semblaient finir :
Une mégapole tolérante sur tout.
On y appréciait ses artères empavées*
Où naissaient des coutumes avant-gardistes
Comme des sports qualifiés de futuristes,
Et parfois un feu d’artifice vu debout.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Entourée par des collines verdoyantes,
Il y avait une étrange ville plate
Aux populations plus vieilles et délicates.
Cela contrastait l’ambiance militaire
Qui sourdait dans des batailles rutilantes
Face aux terribles dragons flambeurs au levant,
Tout proche des soldats et des vieillards dormant.
Artès, la terre de guerre et de paix précaires.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.

 

Un village champêtre jauni par le blé :
Telle était Ircès, dans la campagne profonde,
Sillonnée par un ruisseau reflétant l’onde,
Des murs tournant rouges sous le soleil brûlant.
Un village qui préférait être comblé
Par le fait de porter le titre de « ville »,
Et des valeurs fortes qui n’étaient pas viles :
Justice, liberté, selon vouloir du temps.

 

Étant ravi, parfois en songe,
Je marche jour et nuit,
Sous mes pas infinis
Se dérobe le paysage.
Je m’arrête, ma tête plonge
Et s’endort sans un bruit
Près d’un berceau de vie.
Je suis simplement de passage...

Guillaume Bagnol.

*Jeu de mot avec double-sens : proche de "pavé", car ces rues sont pavées. "Empavées", c’est-à-dire étroites et camouflées : de longues ruelles piétonnes.